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  • Corinne LEPAGE

Une évidence peu évidente

Dernière mise à jour : sept. 11

L’écologie républicaine est une évidence. En effet, le mariage de l’Ecologie et de la République est à la fois incontournable et une force de rassemblement attractive.

Mariage incontournable à la fois en raison de la double urgence qui affecte ces deux piliers de la vie en société et de l’impossibilité de s’attaquer à l’une sans s’attaquer à l’autre. L’été que nous avons vécu, les appels lancés à Marseille lors de la conférence du l’UICN, les liens de plus en plus affirmés entre climat, santé et biodiversité démontre à l’évidence que le défi écologique est avant tout un défi pour la survie de l’humanité. La transformation d’au moins une partie du monde économique, les changements critères européens via la taxonomie, une radicalité plus grande de la part des acteurs qui ont parfaitement compris les enjeux témoignent de cette évidence. Mais, il en va de même de la république. Le procès qui s’est ouvert avec les attentats du 13 novembre, les conséquences à moyen et long terme de la situation afghane en particulier pour les femmes, la remise en cause par l’extrême droite de fondement même du droit républicain, l’effondrement du système scolaire public, le manque de civisme joint à un individualisme extrême sont autant de signes de la dégradation des valeurs républicaines, du fonctionnement de la république et en même temps du profond besoin de la renforcer voire de la ressusciter.

Pour autant, la réponse à ce double défi vital pour nos sociétés n’apparaît pas une évidence. Pourtant, les transformations majeures que nos sociétés vont avoir à vivre dans un laps de temps très court – la décennie qui vient sera bouleversante au sens étymologique du terme - impose une extrême rigueur dans l’application des principes républicains, liberté, égalité, fraternité auxquels il faut ajouter la laïcité. Les conséquences qui peuvent être brutales des changements d’orientation, des moyens de vivre, ne peuvent être supportées que pour autant que la confiance dans la recherche du bien commun, de la chose publique, res publica , est acquise et donc que les personnes les plus touchées par cette « révolution » soient soutenues et que les bases du pacte républicain constituent le socle à partir duquel les mesures concrètes de transformation sont conçues.

Nos concitoyens ne sont probablement pas très éloignés de reconnaître cette évidence la montée en puissance de la question environnementale dans toutes les études d’opinion montre qu’il s’agit du premier sujet après que le covid voire même parfois avant. Mais dans le même temps, les thématiques régaliennes, d’immigration, de sécurité, d’égalité sont également au cœur des préoccupations. La traduction politique est aujourd’hui inexistante. Ceux qui s’appellent républicains sont dans leur globalité à des années-lumière de la prise de conscience de la gravité de la situation écologique et davantage encore de sa priorité. Une grande partie de ceux qui se disent écologistes n’ont pas la république chevillée au corps. L’intersectionalisme, le wokisme, l’assignation à résidence sociale ou ethnique comme moyen de lutter contre les discriminations - au demeurant considérables dans nos sociétés- sont autant de manifestations d’écart avec les bases de la république.

C’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui impératif de lier l’un et l’autre au sein d’une même proposition dans laquelle l’écologie ne peut être que républicaine et la république ne peut être qu’écologique. Les changements de priorités entre écologie et économie pour subordonner l’économie aux limites planétaires - ce qui ne signifie pas une décroissance globale mais une transformation fondamentale du modèle économique et de la manière produire, vivre et consommer - doivent s’accompagner d’une remise en valeur du modèle républicain comme socle permettant précisément cette transformation. Corinne LEPAGE

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